Kenia, Turkana-See: Fische weg = ethnischer Krieg der Fischer

Kenya: filets, camouflage et AK-47, les pêcheurs oubliés du Turkana

Kenia: Netze, Tarnung und AK-47, die vergessenen Turkana Fischer
2017.05.05 um 14:00 Uhr – Von Nicolas DELAUNAY – AFP
Eine Atmosphäre von vor der Schlacht herrscht am Strand. Mit ernster Mine und von der Wärme erdrückt, warten Hunderte von Männern im Schatten von Plastikfolien auf den Moment, wo sie automatische Waffen ergreifen und auf den Turkana- See im Norden Kenias segeln gehen…..
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=> A way of life under threat in Kenya as Lake Turkana shrinks

Kenya: filets, camouflage et AK-47, les pêcheurs oubliés du Turkana
05.05.2017 à 14:00 – Par Nicolas DELAUNAY – AFP 
Il règne sur la plage comme une ambiance d’avant bataille. La mine grave, oppressés par la chaleur, des centaines d’hommes attendent à l’ombre de bâches en plastique le moment où ils empoigneront leurs armes automatiques et iront voguer sur le lac Turkana, dans le nord du Kenya.

Fischer am Lake Turkana bei Lowarengak in Kenia – PHOTOS afp.com by TONY KARUMBA

Ces pêcheurs vivent au campement de Nayenae, une miséreuse enfilade d’abris improvisés devant laquelle sont étendus des filets aux flotteurs remplacés par de vieilles bouteilles de soda. Ils ruminent leur amertume face au plus grand lac désertique au monde, classé au patrimoine mondial de l’Humanité.
Leurs visages burinés se fendent de rictus désabusés dès qu’est évoqué “Gibe III”, le barrage hydroélectrique le plus haut d’Afrique (243 m), inauguré par l’Éthiopie fin 2016: sa construction à plusieurs centaines de kilomètres au nord sur l’Omo, affluent éthiopien du lac Turkana, a fait légèrement baisser le niveau du lac et a interrompu les crues saisonnières essentielles au cycle de reproduction des poissons.
“Il y en a de moins en moins”, peste Maurice Echerait, un pêcheur Turkana de 41 ans, et “les poissons qui restent sont rassemblés dans le delta de l’Omo”, riche en nutriments.
La rivalité séculaire entre les Turkana, qui habitent au Kenya à l’ouest et au nord-ouest du lac, et les Dessanech, répartis au nord et au nord-est au Kenya et en Ethiopie, s’est intensifiée. “On pose les filets aux mêmes endroits, dans le delta, cela provoque des combats sur l’eau”, dit Maurice Echerait.
“On ne négocie pas lorsqu’on rencontre les Dessanech, on tire à vue et ils tirent à vue”, assure le pêcheur, installé depuis un an à Nayenae, à l’extrême nord-ouest du lac, une région proche de la frontière éthiopienne où pullulent les fusils AK-47, G3 allemands ou FAL belges.
– Pas de crues, pas de poisson –
A quelques mètres du rivage, des dizaines de bateaux en bois arborent de larges rayures vert jade et bleu pastel: “pour passer inaperçu” dans les plantes et les eaux du delta, explique Maurice, dont un cousin a été tué fin 2016 lors d’un échange de coups de feu avec des Dessanech.
Autrefois, une pêche n’était réussie que si les filets débordaient de tilapias, de perches du Nil et de carpes, assure-t-il. Aujourd’hui, les pêcheurs sont contents de regagner le rivage en vie.
“Environ 90% de l’afflux d’eau douce dans le lac Turkana vient de la rivière Omo, donc si cette rivière subit des changements, cela a une conséquence directe sur le lac”, remarque Sean Avery, consultant sur les questions d’eau.
Or, dit-il, les études d’impact social et environnemental menées par l’Ethiopie pour “Gibe III”, le plus important d’une série de barrages construits sur l’Omo, “ne prennent pas en compte ce qui peut arriver de l’autre côté de la frontière”, alors que quelque 300.000 personnes dépendent de la pêche autour du lac Turkana.
Lors du remplissage du bassin de “Gibe III”, débuté en 2015, le débit de l’Omo a diminué et le niveau du lac a baissé de deux mètres, asséchant des zones peu profondes où se reproduisent les tilapias. Cette baisse était toutefois attendue et une fois que le bassin du barrage sera entièrement rempli, le débit de l’Omo doit redevenir normal, assure M. Avery.
– ‘Stimulus perdu’ –
L’absence de crues saisonnières est plus préoccupante.
“Près de 60% des poissons du lac migrent en amont de la rivière lors des crues pour se reproduire. Si on interrompt ces crues parce qu’on contrôle le débit, le stimulus pour la migration est perdu”, explique John Malala, de l’Institut de recherche kényan sur la pêche.
L’Ethiopie a certes promis de déclencher des crues artificielles, mais il reste à prouver qu’elles auront l’ampleur requise, et il est à craindre que les sédiments et nutriments essentiels aux poissons restent bloqués en amont du barrage.
“Si je savais où se trouve ce barrage, j’irais le démonter moi-même”, rage Loito Ibuya, jeune pêcheur vêtu d’un t-shirt aux motifs camouflage.
Comme d’autres pêcheurs vivant à Nayenae, ce jeune homme a quitté son village, Todonyang, à une dizaine de kilomètres au nord, car trop près des Dessanech.
Les pêcheurs, dit-il, se sentent abandonnés par le gouvernement kényan, qui est selon eux plus intéressé par la possible importation d’électricité produite par “Gibe III” que par le sort d’une région historiquement marginalisée.
– Remake de la mer d’Aral ? –
Le pire est peut-être à venir pour cette région, car l’ambition éthiopienne est également agricole, et concerne notamment des cultures de canne à sucre et de coton: des projets d’irrigation développés depuis 2011 sur l’Omo, en aval de “Gibe III”, impliquent le détournement de quantités colossales d’eau et pourraient provoquer, à terme, un assèchement partiel du lac, s’inquiètent les défenseurs de l’environnement.
L’ampleur de ces projets reste floue, en l’absence d’une communication précise des autorités éthiopiennes: entre 100.000 et 450.000 hectares de cultures sont évoqués. L’ONG Human Rights Watch, se basant sur des images satellites, estime qu’environ 30.000 hectares ont déjà été transformés. Selon Sean Avery, si l’hypothèse de 450.000 hectares de plantations se concrétise, “cela réduira de moitié le débit de la rivière”.
Le lac pourrait alors baisser de plusieurs dizaines de mètres et être réduit à deux petits lacs, soit un triste remake de la catastrophe environnementale de la mer d’Aral, largement asséchée par le détournement de deux fleuves à des fins d’irrigation en Asie centrale.
Conscients du danger, des chefs Turkana et Dessanech kényans ont débuté en mars des pourparlers de paix. Michael Irgiena, un pêcheur Dessanech ayant traversé le lac pour parlementer, s’interroge: “Quand ce lac sera totalement asséché, on se battra pour quoi ?”
© 2017 AFP

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Kenia: Netze, Tarnung und AK-47, die vergessenen Turkana Fischer
2017.05.05 um 14:00 Uhr – Von Nicolas DELAUNAY – AFP
Eine Atmosphäre von vor der Schlacht herrscht am Strand. Mit ernster Mine und von der Wärme erdrückt, warten Hunderte von Männern im Schatten von Plastikfolien auf den Moment, wo sie automatische Waffen ergreifen und auf den Turkana- See im Norden Kenias segeln gehen.
Diese Fischer leben im Lager Nayenae, einer Reihe von miserablen Notunterkünften, vor denen mit alten Flaschen Soda als Schwimmern bestückte Netze hängen. Sie grübeln ihre Bitterkeit gegen den größten verwüsteten See der Welt, einem Weltnaturerbe der Menschheit.
Ihre verwitterten Gesichter überzieht ein desillusioniertes Grinsen, sobald „Gibe III“ genannt wird, der höchste Staudamm in Afrika (243 m), eingeweiht von Äthiopien Ende 2016: sein Bau mehrere hundert Kilometer nördlich auf dem Omo, einem äthiopischen Zufluss des Turkanasees, hat den Wasserspiegel etwas gesenkt und für den Fischfortpflanzungszyklus wesentliche saisonale Überschwemmungen unterbrochen.
„Es gibt immer weniger“, schimpft Maurice Echerait, ein Turkana Fischer von 41 Jahren, „die Fische, die im Delta des Omo versammelt sind“, welches reich an Nährstoffen war.
Die uralte Rivalität zwischen den Turkana in Kenia, die im Westen und Nordwesten des Sees leben, und den Dessanech im Norden und Nordosten von Kenia und in Äthiopien, hat sich verschärft. „Man legt Netze an den gleichen Stellen im Delta aus, das verursacht Kämpfe auf dem Wasser“, so Maurice Echerait.
„Wir verhandeln nicht, wenn man die Dessanech trifft, man zieht und schießt, und sie tun es auch“, sagt der Fischer, der sich im vergangenen Jahr bei Nayenae im äußersten Nordwesten des Sees installierte, einer Region nahe der Grenze zu Äthiopien, wo es von AK-47 Gewehren, deutschen G3 oder belgischen FAL nur so wimmelt.
– Keine Überschwemmungen, kein Fisch –
Ein paar Meter vom Ufer entfernt liegen Dutzende von Holzbooten mit breiten pastelblauen und lindgrünen Streifen: um „unbemerkt“ in Pflanzen und Gewässern des Deltas zu manövrieren, sagt Maurice, dessen Cousin Ende 2016 während eines Schusswechsels mit den Dessanech getötet wurde.
Früher war ein Fischzug nur erfolgreich, wenn die Netze voll von Tilapia, Nilbarschen und Karpfen waren, sagte er. Heute sind die Fischer glücklich, lebendig ans Ufer zurückzukehren.
„Etwa 90% des Süßwasserflusses in den Lake Turkana kommt aus dem Fluss Omo, so dass, wenn der Fluss sich verändert, dies eine direkte Folge auf den See hat“, sagt Sean Avery, ein Berater in F Wasserfragen.
Jedoch, sagt er, berücksichtigen die sozialen und ökologischen Auswirkungensstudien, die von Äthiopien über „Gibe III“, den größten einer Reihe von Dämmen auf dem Omo, „nicht, was auf der anderen Seite der Grenze passieren kann“, während etwa 300.000 Menschen rund um den Lake Turkana von der Fischerei abhängig sind.

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Wenn der Füllung des „Gibe III“-Beckens ab 2015 hat sich der Ausfluss des Omo verringert und der Seespiegel sank um zwei Meter, und flache Teile, in denen Tilapia-Fische leben, trockneten aus. Dieser Rückgang war zu erwarten gewesen, aber sobald das Staubecken im Omo vollständig gefüllt sein wird, wird alles wieder normal, sagt M. Avery.
– ‘Stimulus verloren’ –
Das Fehlen von saisonalen Überschwemmungen ist besorgniserregend.
„Fast 60% der Fische aus dem See wandern bei Hochwasser den Fluss hoch, um sich zu reproduzieren. Wenn diese Fluten unterbrochen werden, weil man den Fluss steuert, geht der Stimulus für die Migration verloren“, sagte John Malala vom Kenianischen Forschungsinstitut für Fischerei.
Äthiopien hat sicherlich künstliche Flutungen versprochen, aber es bleibt zu beweisen, dass sie die erforderliche Größe haben, und es wird befürchtet, dass die Sedimente und Nährstoffe für die Fische vor dem Damm blockiert bleiben.
„Wenn ich wüsste, wo der Damm sich befindet, würde ich ihn selbst zerlegen,“ schimpft Loito Ibuya, ein junger Fischer in T-Shirt mit Tarnmuster.
Wie andere in Nayenae lebende Fischer verließ dieser junge Mann sein Dorf Todonyang, etwa zehn Kilometer nördlich, weil zu nahe an den Dessanech.
Die Fischer, sagte er, fühlen sich von der kenianischen Regierung im Stich gelassen, die mehr Interesse an dem potentiellen Import von Elektrizität von „Gibe III“ hat als am Schicksal einer historisch ausgegrenzten Region.
– Remake des Aralsees? –
Das Schlimmste in diesem Bereich wird vielleicht erst noch kommen, weil der äthiopische Ehrgeiz auch der Landwirtschaft gilt, insbesondere ihrer Zuckerrohr- und Baumwollkulturen: seit 2011 auf dem Omo entwickelte Bewässerungsprojekte im Vorlauf von „Gibe III“ beinhalten die Abzweigung von großen Mengen an Wasser und verursachen eine eventuelle Teilentleerung des Sees, sorgen sich Umweltschützer.
Der Umfang dieser Projekte bleibt in Ermangelung einer präzisen Kommunikation der äthiopischen Behörden unklar: zwischen 100.000 und 450.000 Hektar Ackerland werden genannt. Die NGO Human Rights Watch schätzt basierend auf Satellitenbildern, dass etwa 30.000 Hektar bereits angelegt wurden. Laut Sean Avery wird das, wenn die Annahme von 450.000 Hektar Plantagen sich materialisiert, „den Wasserfluss des Flusses halbieren.“
Der See könnte dann mehrere Meter fallen und zu zwei kleinen Seen reduziert werden, eine traurigen Wiederholung der Umweltkatastrophe des Aralsees, die vor allem durch die Umleitung von zwei Flüssen für die Bewässerung in Zentralasien entstand.
Im Bewusstsein der Gefahr begannen die Turkanachefs und kenian Führer im März Friedensgespräche mit den Dessanech. Michael Irgiena, ein Dessanech Fischer, der den See für die Gespräche durchkreuzt hat, fragt: „Wenn wird dieser See vollständig ausgetrocknet sein wird, wofür werden wir uns dann schlagen?“
© 2017 AFP

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